Nos ados fument moins, mais ils boivent plus : c’est la constatation récente faite par les pouvoirs publics, après les résultats positifs obtenus suite à la lutte anti-tabac. Ados et alcool, oui, attention danger…

En effet, les ados expérimentent la prise d’alcool de plus en plus tôt, leur consommation régulière est en augmentation, et le fait d’être ivre est en passe de devenir un comportement presque banal.

Avons-nous échangé un cheval boiteux contre un cheval borgne ? Comment résoudre ce nouveau problème ?

Ados et alcools, un phénomène à la mode : le « binge drinking »

ados et alcools

Le « binge drinking » est un phénomène à la mode qui révèle un vrai malaise : il consiste en une absorption rapide d’alcool, une sorte de flash alcoolique, qui peut entraîner une perte de contrôle, et/ou des violences physiques ou sexuelles mettant les jeunes face à un réel danger.

Cet « alcool défonce » n’a pas d’autre but que de s’enivrer, afin de se retrouver dans un état second, quitte à plonger dans un coma éthylique.

Si ce phénomène, très répandu en Europe, touche essentiellement les étudiants de 18 à 25 ans, il se propage de manière alarmante chez les plus jeunes. Dès l’âge de 12 ans, des enfants échouent, en plein après-midi, complètement « défoncés », aux urgences des services pédiatriques de centres hospitaliers. Pour eux, boire est devenu une condition sine qua non pour s’amuser : sans alcool, c’est impossible. Cette ivresse leur donne le sentiment d’être invincibles et intouchables.

Paradoxalement, les jeunes n’aiment pas le goût de l’alcool. Ils ne dégustent pas un bon verre de vin avec les adultes (la plupart détestent le vin, et l’alcool ne se partage pas avec les ainés) et préfèrent se tourner vers des boissons très sucrées qui masquent la saveur alcoolisée et accélèrent le processus de défonce : mélange de vodka, citron sucré et bière ou encore bière sucrée aromatisée à la téquila, etc.

Le « binge drinking » passe aussi par des jeux, des défis que les ados se lancent, voire même des rites de passage, pour s’intégrer à un groupe.

Un tel mode de consommation peut entraîner des conséquences et séquelles dramatiques, à court terme (coma éthylique, accidents de la circulation, accès de violence, agressions, etc.), comme à long terme (séquelles neurologiques, cardiovasculaires, digestives ou encore dépendance accrue).

L’alcool, un symbole de fête

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Si tous les ados ne sont pas concernés par ces conduites extrêmes, tous ont intégré la prise d’alcool comme un symbole de fête et de convivialité : apéritifs, repas festifs, bien souvent les adultes eux-mêmes leur ont transmis cette image, totalement représentative de notre culture. Comment faire de l’alcool un ennemi si notre ado nous a vu monter en voiture pour conduire après un dîner bien arrosé ?

Pourtant, ils n’ont encore aucune représentation réelle de l’alcoolisme, des méfaits de la prise régulière (voire quotidienne) d’alcool. Ce sont pour eux des notions abstraites, dont ils se moquent. Tout comme lorsqu’ils pensaient, auparavant, qu’on arrêtait de fumer « quand on voulait ».

Des chiffres alarmants

Selon un rapport de l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, l’OFDT, chaque année 12 litres d’alcool pur par habitant âgé de 15 ans ou plus sont absorbés. 10,5 % des consommateurs réguliers sont des jeunes âgés de 17 ans, et 27,8 % d’entre eux affirment se saouler au moins une fois par mois.

Chez les jeunes de moins de 16 ans, en 10 ans la consommation d’alcool a doublé, chiffres d’autant plus alarmants qu’à l’entrée au collège, 60 % des enfants auraient déjà goûté à l’alcool et que, selon L’Institut de Veille Sanitaire (InVs), un collégien sur 6 affirmerait avoir déjà été ivre.

Leur faire prendre conscience du danger

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Devant un tel constat, faut-il prendre l’initiative de parler de la prise d’alcool avec son ado ? Le silence peut être interprété par votre enfant comme un consentement de votre part. Or, dans cette période difficile qu’est l’adolescence, le dialogue et l’écoute sont primordiaux pour installer une relation de confiance parents-ados. S’il sait que vous êtes présent, et si vous avez abordé le sujet avec lui en amont, il se confiera plus facilement en cas de problème, de question ou de doute.

En lui expliquant les dangers d’une consommation excessive d’alcool et ses conséquences, parfois irrémédiables, l’ado peut prendre conscience des risques qu’il pourrait encourir et adopter une attitude plus responsable.

Rappelez-lui que l’alcool, s’il joue un rôle festif, peut aussi amener une diminution de son potentiel physique et intellectuel. Il ne s’agit pas de l’effrayer, mais de le faire réagir et de lui expliquer ce que vous attendez de lui en posant certaines limites. Même si les ados pensent que celles-ci sont faites pour être transgressées, vous aurez posé un cadre et votre enfant, s’il n’en respecte pas les conditions, devra en assumer les conséquences.

Si malgré le climat de confiance que vous pensiez avoir instauré vous ressentez de la détresse dans les paroles de votre enfant, si vous sentez qu’il présente des signes de dépendance à l’alcool, emmenez-le chez votre médecin de famille. Ce professionnel de la santé, après un entretien avec votre ado, saura vous conseiller et vous guider.

 

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Cathy Delcros

Cathy est rédactrice web, biographe et auteure.
Toujours à l’affût de bons plans et de nouveautés, elle adore partager ses coups de cœur tout comme ses coups de gueule !
Femme à tendance suractive, elle booste sa vie autant que celle dont elle croise le chemin !
www.larondedesans.fr
Cathy Delcros

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