L’une des plus grandes plaies de la vie en copropriété réside dans la circulation d’inconnus dans l’immeuble et les dégradations que ces tiers peuvent causer. Parmi les nuisances les plus rencontrées en copropriété, les autocollants collés sur les portes palières par de pseudo-serruriers cumulent ces deux inconvénients.

Non seulement il s’agit d’intrusions prohibées, mais, en plus, ces autocollants dégradent inutilement les menuiseries des immeubles. Voici comment lutter contre ce fléau, d’autant que ces étiquettes favorisent le travail des cambrioleurs, les appartements non occupés étant de fait signalés comme tels. Il est donc impératif de les éliminer.

Les poseurs d’autocollants publicitaires n’ont pas le droit d’entrer dans les immeubles

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Généralement, ces colleurs pénètrent les immeubles avec des passes (même les badges électroniques peuvent être dupliqués), ce qui constitue une effraction au sens de l’article L132-73 du Code pénal. Entrer dans un lieu sans autorisation est interdit (Lapalisse n’aurait pas dit mieux)…

Parfois, ces poseurs d’étiquettes sonnent chez tous les occupants jusqu’à ce que l’un d’eux ouvre. Ce qu’il ne faut jamais faire si on n’est pas sûr de l’identité de la personne qui veut rentrer !

D’autant que, même si ce n’est pas une preuve, nombreux sont les témoignages (dans des plaintes de police) de personnes dont la porte a été fracturée peu de temps après l’apparition d’un tel autocollant de serrurier.

Autant dire dans ce cas qu’il ne faut jamais appeler le numéro apposé, mais plutôt un serrurier agréé auprès des assureurs, partenaire d’une grande marque de serrurerie, ayant pignon sur rue.

Des autocollants illégaux par manque d’informations

Les professionnels, quand ils communiquent, sont tenus d’apposer un minimum d’informations sur leurs supports de communication. Or, un autocollant où ne figure qu’un numéro de téléphone, sans nom d’entreprise ni adresse ni numéro d’inscription au RCS, ne respecte pas cette obligation légale. Il s’agit donc de publicité illicite.

Il suffit d’ailleurs de se tourner vers les artisans ou les professionnels de l’immobilier qui travaillent avec eux : une entreprise sérieuse et reconnue ne communiquera jamais avec des autocollants mentionnant simplement un numéro de téléphone, encore moins de manière sauvage.

Des étiquettes impossibles à décoller sans causer de dégradations

Si ces autocollants horripilent tant les gens, c’est tout simplement qu’ils sont très difficiles à décoller. Résultat des courses, la plupart du temps les occupants concernés, en voulant les ôter, dégradent les menuiseries de leur porte et de son encadrement (vernis corrodé, bois abîmé, etc.). Il s’agit de dégradations immobilières, et l’article L322-1 du Code pénal prévoit qu’elles sont punies.

L’astuce de Quotibien.fr : éliminer les étiquettes de serrurier au sèche-cheveux limite les dégradations

En effet, la colle spéciale utilisée pour ces étiquettes n’a qu’un ennemi : la chaleur. Il ne faut donc pas hésiter à utiliser un sèche-cheveux braqué sur l’autocollant pendant quelques minutes.

La plupart du temps, cela suffit pour décoller l’étiquette sans difficulté ni dégradation, contrairement aux solvants qui endommagent aussi les menuiseries ou les vernis. Mais cela ne suffit pas toujours à éviter la prolifération, les poseurs d’autocollants réitérant chaque semaine.

Agir en justice pour dissuader l’étiquetage sauvage

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Il est donc conseillé, pour faire fuir durablement les poseurs indélicats d’autocollants, d’utiliser toutes les voies qu’offre le droit. Chaque occupant peut déposer une main-courante au commissariat chaque fois qu’il constate une étiquette sur sa porte.

De plus, les résidents peuvent s’unir, chapeautés par le syndic de l’immeuble, afin de répertorier toutes les dégradations imputables à ces autocollants, quitte à les faire constater par huissier, afin de poursuivre l’entreprise en cause.

Afficher une note d’information en ce sens permet même d’informer les indésirables qu’une procédure est en cours, voire de les dissuader de revenir.

En effet, cela peut sembler radical, mais, si les résidents ne font rien, l’immeuble est visité chaque semaine, et le travail des cambrioleurs ainsi facilité. Toutefois, il est vivement déconseillé de téléphoner au numéro figurant sur l’étiquette, c’est prendre le risque de se faire rappeler et insulter !

Ces intrusions étant très fréquentes et préoccupantes, nous ne manquerons pas de lire avec attention vos témoignages dans les commentaires.

 

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Laurence Buffet

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
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Laurence Buffet

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