Voici une question que se posent des milliers de parents. Pouce ou tétine ? Le sujet fait débat depuis de nombreuses années. Si les effets bénéfiques de la succion sont indiscutables, sucer son pouce ou une tétine va, à long terme, inévitablement accidenter la bouche, le palais et les dents de l’enfant. État des lieux d’une polémique à ne pas prendre à la légère.

 

La succion : un besoin physiologique pour le tout-petit

Le besoin de succion est quasiment inné et systématique chez une grande majorité des nouveau-nés. Dès la 16ème semaine de vie intra-utérine, l’enfant est capable de sucer son pouce. D’après certains pédiatres et psychologues, le besoin de succion serait même physiologique les six premiers mois de vie. Par contre, il deviendrait par la suite un geste d’apaisement et de réconfort.

Selon une étude réalisée à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis auprès d’écoles maternelles, près de 80 % des parents achètent une tétine à leur enfant et seulement 13 % des enfants suceraient leur pouce. À l’âge de 4 ans, plus de 46 % d’entre eux seraient toujours accros à leur tétine.

 

Pouce, tétine et orthodontie : un triptyque qui ne fait pas bon ménage

tétine

La Fédération Française d’Orthodontie, la FFO, est formelle sur le sujet qui a longtemps divisé parents et professionnels de l’orthodontie et de la petite enfance. Plus un enfant tète tardivement son pouce ou sa tétine, plus les risques de palais étroit et creux ainsi qu’une mauvaise position des dents sont manifestes (notamment les incisives qui sont beaucoup trop en avant).

Les orthodontistes et stomatologues constatent aussi que de plus en plus d’enfants sucent encore leur pouce ou une tétine à 5, 6 voire 8 ans. Un constat qu’ils déplorent puisqu’il engendre forcément des malformations faciales : l’enfant a un automatisme de succion et de respiration buccale qui sont les deux causes essentielles de déformation du palais.

Outre ce souci, ils estiment également que la tétine est plus nocive que le pouce. En effet, si le pouce déforme le palais, la tétine est généralement tétée de façon plus vigoureuse, car l’enfant sait que si elle tombe de sa bouche, elle sera bien plus difficile à récupérer que le pouce ! Alors que le pouce est glissé dans la bouche, sans force ni pression.

D’autre part, les orthophonistes alertent les parents sur le fait qu’il n’existe pas de sucettes sur mesure en fonction de l’âge ou du sexe qualifiées de « physiologiques » ou « orthodontiques », comme le mentionnent de nombreux fabricants. Ces appellations n’ont aucun fondement scientifique.

 

Pouce ou tétine : à bon escient et à court terme

Alors, pouce ou tétine, faut-il les interdire à nos enfants quand il est prouvé que le besoin de succion est physiologique chez la plupart d’entre eux ?

Le meilleur compromis serait que l’enfant perdre cette habitude autour de 2-3 ans. C’est un moment de sa vie où le tout-petit développe de nouveaux centres d’intérêts qui lui donnent de l’assurance, comme la parole, la marche ou encore l’entrée à l’école maternelle. Le « deuil » de la tétine ou du pouce est ainsi plus facile à accepter. C’est aussi un âge où les répercussions négatives de la succion ne sont pas irréversibles.

tétine

Côté pratique, il est conseillé de s’occuper d’abord du pouce ou de la tétine de la journée, puis, une fois qu’il a abandonnés, du problème de la nuit. Par exemple, au moment du coucher, en lisant à l’enfant une histoire et ainsi éviter qu’il ne s’endorme avec le besoin de téter.

L’essentiel est de ne pas le brusquer et de choisir le bon moment, tel qu’un anniversaire ou une rentrée scolaire. Pour l’aider dans son sevrage, limitez la tétine à un seul exemplaire et réduisez progressivement son usage en ne la faisant pas sortir de la chambre.

Tétine et pouce, vous l’aurez compris, bien qu’ils aient un côté rassurant pour les enfants et les parents, utilisés au-delà 3 ans ont tous deux des effets néfastes sur les dents et la mâchoire. Plus la succion est tardive, plus les conséquences risquent d’être importantes. Il est parfois difficile de leur faire perdre cette habitude, patience et persévérance seront de précieuses alliées.

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Cathy Delcros

Cathy Delcros

Cathy est rédactrice web, biographe et auteure.
Toujours à l’affût de bons plans et de nouveautés, elle adore partager ses coups de cœur tout comme ses coups de gueule !
Femme à tendance suractive, elle booste sa vie autant que celle dont elle croise le chemin !
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Cathy Delcros

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