Certes, je ne suis pas la première à adapter la célèbre phrase de Laffer à l’information, le jeu de mot étant facile. Pardon.

Mais c’est la première fois qu’on me donne l’espace nécessaire pour m’exprimer, alors j’en profite pour me lâcher et vous dire ce que je pense de la surabondance de non-information dont nous abreuvent certains médias, notamment certains sites Internet et chaînes d’information, les médias traditionnels suivant malheureusement cet exemple.

Comme dans d’autres domaines, la quantité a pris le pas sur la qualité, alors qu’il y aurait tant à faire en matière d’information. Pourtant, il est nécessaire pour tous que l’information, la vraie, circule.

Être informé, un besoin impératif

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Curieuse de nature, et cherchant toujours un truc à lire, j’aime, non, j’adore être informée, suivre l’actualité, être connectée, pouvoir réagir… De nos jours, avec le multimédia et la profusion des chaînes TV, rien n’est plus facile que de se tenir informé sur tout.

Et ça tombe bien, car l’actualité à couvrir ne manque pas : magouilles en tout genre, conditions de conclusion des marchés publics, comptes en Suisse de nos élus, malbouffe, vote des lois qui vont bouleverser notre quotidien, les sujets sont nombreux.

Mais, car même dans les meilleures histoires il y a un mais, nous arrivons à un goulet d’étranglement où, au nom du « tout info », on sacrifie l’investigation pour diffuser du vide.

Préférer la qualité à la quantité

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Si le concept de la chaîne infos (cette critique s’applique aussi à certains sites pseudo informatifs qui ne relayent que des dépêches bourrées de fautes) paraît plaisant sur le papier, dans la réalité cela consiste malheureusement souvent en des heures et des heures de direct… pour dire qu’il ne se passe rien.

C’est flagrant lors d’enlèvements, de catastrophes ou de prises d’otages, certains médias nous gratifient d’heures de vide, filmant le décor et informant qu’il n’y a aucune avancée. Pis encore, ce type d’attitude relève d’une sorte de voyeurisme déplacé à l’égard des familles de victimes, à l’heure où elles auraient besoin de respect et recueillement. Sans parler des risques que les annonces de ces journalistes peuvent faire courir à des otages, le cas échéant.

Par ailleurs, la société mute et tend à se « peopliser », pardonnez-moi l’anglicisme. Et une grande partie de la presse tend elle aussi à nous balancer à outrance du scandale de célébrités (quand elles sont célèbres, d’ailleurs), de l’histoire de fesses ou de famille. Si c’est divertissant 5 minutes par jour, ce type de sujet ne saurait envahir nos 20h !

Si j’aime être informée, j’aime encore plus que l’information soit avérée et complète. Mieux vaut attendre quelques jours, le temps d’avoir tous les éléments d’un dossier, et le recul nécessaire pour en appréhender toutes les facettes, avant de balancer une info. Et, par la même occasion profiter de ce délai pour bien se relire, un autre des défauts de ces médias étant la langue approximative dans laquelle ils essaient d’informer. Mais je vous rassure, j’ai assez râlé pour aujourd’hui !

Laurence Buffet

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
How feel the Lau
Laurence Buffet

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