Le terme de grossesse précoce est utilisé lorsque la future mère est encore mineure (avant 18 ans). En 2016, dans le monde, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’OMS comptait près de 16 millions de jeunes filles âgées entre 15 et 19 ans et près de 1 million de moins de 15 ans donnant naissance à un enfant.

En France, on recense plus de 10 000 grossesses précoces chaque année. Si dans trois cas sur quatre, les adolescentes optent pour un avortement, certaines d’entre elles décident de mener à terme leur grossesse.

Comment devenir mère alors que l’on sort tout juste de l’enfance ? Comment vivre ce cap lorsque l’on est encore une collégienne ou une lycéenne ? Et le papa dans tout ça ?

Grossesse précoce : volontaire ou involontaire ?

grossesse précoce

C’est certainement l’une des premières questions que se posent les parents. Si, dans la plupart des cas, la grossesse n’a pas été souhaitée, certaines jeunes filles en manifestent très tôt l’envie simplement par désir naturel de maternité.

Le désir de prouver sa féminité, mais aussi, parfois, le besoin de s’émanciper et de prouver à ses parents son souhait d’indépendance peuvent aussi faire partie des motivations de l’adolescente. Cela pourrait s’interpréter comme une marque de volonté de rupture avec la famille. Ce souhait peut aussi être le signe implicite d’un cri d’alarme, d’un signal de détresse pour se sentir reconnue et aimée. Un appel au secours qui peut cacher une profonde dépression.

Malheureusement, certaines adolescentes peuvent aussi être confrontées à des situations dramatiques (viol, agression incestueuse, etc.) qui n’engendrent pas forcément une I.V.G, mais qui entrainent une grossesse dissimulée, vécue dans la honte et le secret.

En ayant un rapport sexuel non protégé, la jeune fille prend le risque de faire face à une grossesse précoce. Mais, quel que soit le cas de figure, que cet évènement soit considéré comme heureux ou malheureux, chaque situation est particulière et reflète une histoire personnelle à replacer dans son contexte.

Grossesse précoce : une grossesse à risques ?

grossesse précoce

Les médecins s’accordent à dire, qu’une grossesse précoce ne présente pas plus de risques qu’une grossesse d’une femme plus âgée, à condition bien entendu qu’elle soit bien suivie. Le jeune âge de la future maman n’est pas synonyme de complications médicales supplémentaires.

Plus complexes que le côté « mécanique », des facteurs psychologiques et comportementaux peuvent entrainer des complications. Elle souffre parfois d’un manque de confiance et d’estime d’elle-même, peut aussi se sentir rejetée socialement et se dévaloriser. D’autant plus si elle entretient des difficultés relationnelles avec le futur papa et est en conflit avec sa famille. Elle ne change alors pas forcément ses habitudes, ni sa conduite (souvent propre à son âge) : tabagisme, consommation d’alcool et/ou de drogue, sport extrême, alimentation déséquilibrée. Certaines ignorent (inconsciemment ou non) le fait qu’elles sont enceintes ou souhaitent le cacher et ne prennent aucune précaution pour se préserver. Le fœtus est alors exposé à des toxiques pouvant entrainer des malformations. Elles risquent de mettre au monde un bébé prématuré ou hypotrophique, c’est-à-dire de faible poids.

Si leur accouchement n’est pas plus complexe que celui d’une femme de 30 ans, l’utilisation des forceps est parfois nécessaire, la jeune mère a du mal à gérer son stress et panique plus facilement. Il faut dans ce cas intervenir vite et l’aider.

Un suivi médical rapide est primordial pour lui assurer une grossesse sereine et lui permettre d’anticiper d’éventuelles difficultés. L’adolescente doit être prise en charge dès les premiers symptômes de grossesse. Un suivi psychologique peut aussi s’avérer indispensable.

Grossesse précoce : pas encore femme et déjà mère

Lors de la grossesse, l’adolescente a plus que jamais besoin d’être soutenue par ses proches. Elle se sent souvent stigmatisée, voire incomprise. Aidée par sa famille et son entourage, cette période délicate de sa vie peut être vécue sereinement. Certes, sa scolarité est fortement perturbée et sa grossesse amène un changement brutal dans sa vie. Mais, malgré cela, bien des jeunes filles vivent une grossesse épanouie.

À l’arrivée du nourrisson, elle doit apprendre à faire face à des responsabilités auxquelles elle n’était pas préparée. Il n’est pas rare que les néo-grands-parents (encore bien jeunes eux-mêmes !) élèvent l’enfant chez eux dans une relation d’ailleurs plus fraternelle que parentale.

Et le papa dans tout ça ? Malheureusement, certains jeunes hommes ne se sentent pas prêts à endosser leur rôle de père. Ils quittent la mère lors de sa grossesse ou quelques mois après la naissance. L’hostilité des familles de ces ados peut y jouer un rôle central. Cependant, cela est loin d’être une généralité et de nombreux jeunes papas assument leurs responsabilités et s’occupent pleinement de leur enfant.

Quoi qu’il en soit, et, bien que cela soit une situation très délicate à vivre pour toute la famille et l’entourage, accompagner et soutenir la jeune femme dès l’annonce de sa grossesse peut l’aider à faire les bons choix et à affronter son avenir dans les meilleures conditions. Si elle a décidé en toute connaissance de cause de garder l’enfant qu’elle porte, être épaulée et bien entourée lui permettra de devenir une mère autonome et responsable.

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Cathy Delcros

Cathy Delcros

Cathy est rédactrice web, biographe et auteure.
Toujours à l’affût de bons plans et de nouveautés, elle adore partager ses coups de cœur tout comme ses coups de gueule !
Femme à tendance suractive, elle booste sa vie autant que celle dont elle croise le chemin !
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