Ce n’est un secret pour personne, un des effets les plus pervers de notre société de surconsommation est le gaspillage, notamment le gaspillage alimentaire.

Nul n’ignore les chiffres : environ 10 tonnes de nourriture partent à la poubelle chaque année, le plus souvent encore emballée ! Sans avoir été consommée.

Si le Parlement vient de faire un pas en avant dans la lutte contre le gaspillage, le chemin restant à gravir est encore long, notre système de production montrant là ses limites.

La grande distribution obligée de donner ses invendus, un bon début

Vous allez en effet me dire que la loi vient d’évoluer, que les grandes surfaces n’ont plus le droit de jeter leurs invendus, que ces derniers sont redistribués à des associations d’aide aux démunis, et qu’il n’y a donc pas lieu de râler. « Cépafo ».

On ne peut que saluer la toute nouvelle loi interdisant à la grande distribution de jeter des aliments encore consommables. Quand on pense aux nombreuses familles en difficulté et aux sans-abri, on se dit même qu’il était temps, grand temps. Honte à ceux qui ont laissé perdurer cela si longtemps, et qui cherchent à nous faire croire qu’on ne peut pas nourrir tout le monde.

Mais tout de même, cette loi pousse à nous interroger sur notre manière de produire, acheter et consommer. Car, à l’instar des Gars’pilleurs, ce collectif de « glaneurs » qui récupère et redistribue des tonnes de nourriture encore consommable dans les poubelles depuis des mois, je trouve absurde de produire des denrées qui vont passer de l’usine à la poubelle sans avoir vu un consommateur.

D’autant que cette loi ne concerne que la nourriture, de nombreux articles pouvant servir sont toujours jetés tous les jours.

Produire pour jeter : assez !

gaspillage

Pour limiter la casse, la voie la plus simple semble être celle du « moins-mieux », où la qualité l’emporte sur la quantité.

Produisons moins

À quoi bon construire des fermes-usines, engraisser des animaux et les abattre si les barquettes de viande finissent à la benne ? Puis à l’incinérateur. Quand on sait combien le transport et le traitement des déchets nous coûtent cher, imaginez l’économie. Et je ne parle pas des conditions de vie et d’abattage des pauvres bêtes. Sans compter que c’est irrespectueux pour le travail des producteurs, voir le fruit de son labeur finir à la poubelle, ça donne la sensation d’avoir œuvré pour rien, c’est dévalorisant.

D’autant qu’on a tendance à produire des aliments de piètre qualité, la grande distribution nous faisant souvent penser au groupe Tricatel du film l’Aile ou la cuisse. Ne pourrait-on pas imaginer un système plus vertueux, où l’on produirait moins mais mieux ?

Et, puisque c’est l’heure des vœux, pourquoi ne pas imaginer aussi une limitation du suremballage et l’accroissement des productions locales ? En limitant le transport, on limite la casse et l’emballage, donc des pertes financières. Et on pollue moins.

Consommons mieux

Mais tout cela ne se fera pas sans nous. En effet, les ménages sont responsables de 40% du gaspillage alimentaire. On jette de la nourriture alors qu’on connaît une crise sans précédent.

Mais si le gâchis s’arrêtait là ! Appareils électroniques remplacés encore qu’ils marchent encore, vêtements achetés sans être portés, notre modèle consumériste est perfectible ! Jeter quand d’autres manquent du minimum, ça ne devrait pas exister.

Heureusement, la prise de conscience semble s’accélérer. Certains collectifs, comme les « ressourceries », ont à cœur de donner une deuxième vie à nos appareils. Les Disco Soupe récupèrent des invendus alimentaires et les préparent avant de les offrir lors de grand évènements gratuits.

Qui sait, peut-être qu’en nous y mettant tous, arriverons-nous à réduire notre gaspillage et diminuer nos déchets ?

D’ailleurs, chers lecteurs, quels sont vos secrets pour éviter de jeter ? Nous sommes impatients de le découvrir.

Apprendre à bien trier ses déchets à la maison ? C’est par ici : Bien trier ses déchets à la maison.

Laurence Buffet

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
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Laurence Buffet

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