Le harcèlement scolaire en France est avéré depuis quelques années. Il existe une journée de mobilisation, avec vidéos de sensibilisation, information et formation des professionnels, qui a lieu le 5 novembre de chaque année.

    Il concerne plusieurs centaines de milliers d’élèves, principalement du CE2 jusqu’à la fin du collège. Il n’est pas à prendre à la légère et doit absolument être détecté et combattu au quotidien.

    Certains enfants victimes du harcèlement ne s’en remettent jamais. Quelques-uns mettent fin à leurs jours. Ce n’est pas rien. Voici quelques pistes pour détecter un harcèlement scolaire et pour l’arrêter au plus vite.

    Harcèlement scolaire : le détecter et l’arrêter

    Trop grosse, trop moche, pas bien habillé, riche, pauvre, pas dans la « norme » ni dans le « moule » : tout est bon pour certains adolescents, voire certains enfants, pour en faire souffrir d’autres.

    383 830 élèves français, de l’école primaire au lycée, sont victimes de harcèlement « sévère », ce sont 5 % d’élèves de cycle 3 (du CE2 au CM2), 7 % des collégiens et 1,3 % des lycéens.

    Au collège, c’est le cyber-harcèlement qui sévit le plus (vidéos, photos postées sur réseaux sociaux ou blogs). Mais il existe aussi le harcèlement verbal (insultes), le harcèlement physique (des coups, des violences) et le racket (goûter, argent, matériel scolaire, etc.).

    Il touche autant les filles que les garçons. Il n’y a pas de « profil type » d’enfant harcelé. Ce sont souvent des enfants qui sont faciles à chahuter, qui se laissent faire par peur de représailles.

     

    Détecter le harcèlement scolaire

    harcèlement scolaire

    Ce phénomène n’est pas à prendre à la légère. Les enfants adolescents sont fragiles. C’est une période qui fonde les bases de leur vie d’adulte. Les années collège doivent être leurs plus belles années. Le harcèlement peut causer des problèmes au quotidien, mais peut également entraîner des conséquences pour la vie future de l’enfant. Il est donc important de détecter au plus vite s’il en est victime.

    1. Il essaie d’éviter l’école 

    L’enfant harcelé peut essayer d’éviter l’école. Il invente une maladie, ou développe de réelles nausées dues à la peur de s’y rendre. Il peut avoir des migraines, des crises d’angoisse. Si votre enfant essaie d’esquiver l’école ou vous demande de l’accompagner, de rester avec lui jusqu’à ce que la grille de l’établissement s’ouvre, soyez vigilant.

    2. Il vous paraît plus fatigué, moins motivé 

    Un enfant harcelé est en alerte permanente. Il vérifie qu’on ne le surveille pas, que l’on ne dit pas de mal de lui, qu’on ne s’en prend pas à son argent, son téléphone, ses affaires scolaires ou personnelles. Il est à l’affût du moindre regard de travers. Il ne s’amuse plus, dort beaucoup moins.

    Tout cela l’épuise énormément. S’il sourit moins et qu’il a l’air vraiment fatigué, ce n’est peut-être pas simplement à cause de sa longue liste de devoirs. Là encore, il faut peut-être creuser.

    3. Il a un problème de « look » 

    Votre enfant n’ose peut être pas vous demander de lui offrir les dernières « fringues trop swags » que portent ses camarades. Tout simplement parce qu’il ne les aime pas forcément. Il porte fièrement ses vêtements, il a son style. Mais ses camarades se moquent de lui.

    Et puis, petit à petit, il commence à porter des vêtements « passe-partout », des couleurs sobres. Il se tient la tête rentrée dans les épaules, rase les murs. Ce n’est pas forcément la posture typique des ados, c’est peut-être aussi que votre enfant souhaite passer inaperçu, afin qu’on le laisse tranquille.

     4. Il a des résultats moins bons, du matériel abîmé 

    Ses notes peuvent baisser, sa participation en cours ralentir, là encore pour passer inaperçu aux yeux des harceleurs.

    Il peut aussi avoir l’air de prendre moins soin de son matériel scolaire, de l’abîmer. Ce n’est pas de la maladresse ni un amusement, c’est peut-être le fait des harceleurs qui s’en prennent souvent aux objets qui symbolisent la scolarisation. Votre enfant n’ose pas vous dire que non, ce n’est pas lui qui a plongé son carnet de correspondance dans l’eau ou cassé trois règles et deux compas dans la même semaine. Ces signes aussi doivent vous alerter.

    5. Il change de fréquentations 

    Un enfant victime de harcèlement se renferme sur lui-même. Il a moins d’amis, surtout de son âge. Il recherche l’amitié des adolescents plus vieux que lui ou, même, des adultes. Les enfants de son âge n’ont plus aucun intérêt à ses yeux, il ne leur fait plus confiance et se sent « en décalage » avec eux. Il ne comprend pas pourquoi on le harcèle.

    Si vous constatez que ses amis ne l’appellent plus, qu’il a l’air triste, se renferme sur lui-même, ce n’est pas forcément lié au fait du début de son adolescence. Oui, un ado se cherche et a l’air parfois de « faire la gueule », mais il a des amis et crée des liens sociaux.

    Arrêter le harcèlement scolaire

    harcèlement scolaire

    Une fois les doutes avérés, vous voulez bien entendu agir pour aider votre enfant. Et vous avez raison. Il ne faut pas laisser le temps faire les choses. Plus le harcèlement dure, plus il devient traumatisant.

    1. Ne le braquez pas

    La première chose à faire n’est surtout pas de demander directement à votre enfant s’il est harcelé. Avancez par petits pas, avec prudence.

    Si vous lui posez la question, il répondra « non » et vous serez rassuré. À tort. Le dialogue doit s’installer petit à petit. Demandez-lui comment ça se passe à l’école. S’il réussit à travailler facilement, s’il a des amis sympas.

    Parlez-lui également des craintes des parents, dites-lui que certains enfants se font chahuter par leurs camarades, que ce n’est pas un comportement normal. Que personne n’a le droit d’être harcelé. Regardez des reportages avec lui.

    Si vous sentez qu’il n’ose pas vous avouer la vérité, parlez-lui des enfants harcelés, expliquez-lui ce qu’il doit faire pour eux s’il en connait. Donnez-lui le numéro vert à composer.

    Si votre enfant ne vous dit toujours rien et que vous avez toujours ce sentiment qu’il est harcelé, vous pouvez appeler vous-même ce numéro et exposer vos doutes et vos soucis. Vous recevrez une aide afin de dialoguer avec votre enfant.

    2. Restez zen

    Toujours pour ne pas le braquer et ne pas l’enfermer dans son mutisme et sa souffrance, restez zen et souriant. Accompagnez-le à des activités sportives et culturelles, parlez-lui beaucoup, même s’il reste silencieux au départ. Ne lui montrez pas votre angoisse.

    Le sport peut l’aider à évacuer son stress et ses souffrances, et lui permettre également d’avouer ce qu’il subit. La relaxation et les sports de défense sont également de bons alliés, ils permettent à l’enfant d’avoir confiance en lui, de comprendre qu’il doit être respecté.

    Dans tous les cas, si le harcèlement est avéré, il faut prévenir l’établissement scolaire. Il se peut que certains membres de l’école, du collège ou du lycée doutent de l’information ou vous culpabilisent. Il est aussi possible que votre enfant ait peur des représailles qu’il pourrait subir. C’est normal. Mais les harceleurs doivent comprendre qu’ils font mal.

    Toujours avec sérénité, faites-vous entendre. Suivez les conseils que l’on vous aura donnés via le numéro vert « stop harcèlement » et demandez aux responsables de l’établissement de faire une information aux élèves sur le sujet. Ils le font en principe de bonne grâce, sans donner le nom des victimes ni des harceleurs. Quant aux véritables harceleurs, selon le degré de harcèlement, ils peuvent bien entendu être mis au courant de ce qu’ils risquent en continuant.

     

     

    Bon courage à vous et à votre enfant. Si vous le souhaitez, vous pouvez nous apporter votre témoignage à ce sujet. Il fera l’objet d’un article tout à fait anonyme si vous le désirez.

     

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    Céline Perrin

    Céline Perrin

    Céline a plus d’une corde à son arc : écrivain public, elle est aussi rédactrice web, correctrice, biographe et auteure pour la jeunesse.
    Toujours à l’écoute des autres et très communicative, elle bouillonne d’idées en permanence !
    www.abclignes.com
    Céline Perrin

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