L’incontinence urinaire est un sujet tabou qu’il est parfois difficile d’évoquer. En France, plus de 3 millions de personnes en souffrent et très peu sont prises en charge. Pourtant, des solutions efficaces existent pour enrayer cet inconfortable souci.

Pourquoi un tel tabou tourne-t-il autour de ces « fuites honteuses » ? Ne serait-il pas temps de briser ce sentiment de culpabilité qui handicape le quotidien de millions de personnes ?

Incontinence urinaire, de quoi parle-t-on exactement ?

L’incontinence urinaire n’est ni plus ni moins que la perte incontrôlée et soudaine d’urine. Également appelée fuites urinaires dans le langage courant, l’incontinence urinaire est un problème fréquent augmentant avec l’âge. Ce n’est pas une maladie, mais un symptôme le plus souvent lié à un trouble physique.

On distingue 3 types de formes d’incontinence urinaire :

  • L’incontinence d’effort: elle n’est pas précédée d’une envie d’uriner et survient lors d’un effort, aussi minime soit-il (éternuement, toux, rire, soulèvement de charges ou toute autre activité augmentant la pression abdominale).
  • L’incontinence par impériosité: elle est précédée par un besoin irrépressible d’uriner. La vessie étant hyper active, cette envie est incontrôlable et soudaine. Le simple bruit de l’eau peut la déclencher, sans la moindre possibilité de se retenir.
  • L’incontinence par regorgement (ou trop plein): La personne a du mal à uriner, sa vessie est trop pleine et se vide.

Derrière ces trois facettes de l’incontinence se cachent des causes différentes.

Quelles sont les principales causes de l’incontinence urinaire ?

incontinence urinaire

Selon le type d’incontinence, les causes peuvent être variées :

  • Un affaiblissement ou une atrophie des muscles du plancher pelvien (périnée) ne parvenant plus à maintenir la vessie correctement fermée peut provoquer des fuites urinaires. Les muscles du périnée, situés au bas du bassin, peuvent aussi se relâcher avec le vieillissement et la perte de forme physique.

            Chez les femmes, elle est favorisée par les accouchements par voies vaginales et les bouleversements hormonaux accompagnant la ménopause.

            Chez les hommes, elle résulte souvent des suites d’une intervention chirurgicale au niveau de la prostate.

  • Un dysfonctionnement de la vessie. Elle se contracte soudainement alors qu’elle n’est pas encore pleine. Ce trouble est plus fréquent avec l’âge, mais peut aussi résulter d’une maladie comme une infection urinaire, la présence de calculs dans la vessie ou des troubles neurologiques (maladie d’Alzheimer, de Parkinson, sclérose en plaques).
  • Un trouble de la prostate, notamment une hypertrophie.
  • La descente de la vessie. Elle devient difficile à contrôler, car les tissus entre elle et le vagin sont affaiblis et ne supportent plus son poids.
  • La prise de certains médicaments (antidépresseurs, psychotiques, relaxants musculaires, etc.).

Incontinence urinaire : quand consulter ?

N’hésitez pas à consulter si vous êtes gêné(e) dans votre vie quotidienne :

  • Vous urinez plus fréquemment que d’habitude (plus d’une fois toutes les 2 à 4 heures)
  • Vous urinez de très petites quantités
  • Vous n’arrivez pas à vous retenir plus de quelques minutes
  • Vous avez des fuites urinaires au moindre effort

Comment traiter l’incontinence urinaire ?

incontinence urinaire

Dans la majeure partie des cas bénigne, l’incontinence urinaire peut cependant entrainer de lourdes conséquences sociales et psychologiques. Par honte ou par peur d’être jugées et rejetées, bien des personnes souffrant de ce trouble se taisent.

Pourtant, des solutions efficaces existent dont il serait dommage de se priver. Consulter son médecin traitant est essentiel pour trouver la cause des fuites urinaires et les traiter.

Lors d’un interrogatoire, il détermine le type d’incontinence, questionne sur la gêne ressentie et ses implications dans la vie quotidienne, personnelle et professionnelle de son patient. Il fait le point de ses antécédents médicaux et pratique un examen clinique centré sur le périnée pour la femme et la prostate chez l’homme.

Lors de cette première consultation, le médecin évalue le degré d’incontinence et pose un diagnostic. En fonction de ce dernier, il peut proposer en première intention la prise de médicaments. Il existe des traitements fiables améliorant nettement les symptômes de l’incontinence et par conséquent la qualité de vie.

Dans certains cas, il peut aussi faire appel à d’autres professionnels de la santé pour une prise en charge thérapeutique : kinésithérapeute, rééducateur, sage-femme, urologue, etc.

Avec l’accord du patient, une rééducation périnéo-sphinctérienne, voire un traitement chirurgical, peuvent être proposés si le traitement par médicaments n’est pas satisfaisant.

L’incontinence urinaire en quelques chiffres

  • 12 % des femmes de 20 à 29 ans souffrent d’incontinence urinaire
  • 33 % des femmes de plus de 70 ans souffrent d’incontinence contre 7 % des hommes
  • 2,6 millions de Français de plus 65 ans sont concernés par l’incontinence
  • 68 % d’entre eux n’ont jamais consulté leur médecin traitant pour parler de leurs troubles urinaires.
  • 6 femmes sur 10 disent juste « vivre avec »

Il est plus que temps de briser ce tabou qu’est l’incontinence urinaire. Ce symptôme peut concerner tous les âges de la vie, femmes et hommes confondus.

 

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Cathy Delcros

Cathy Delcros

Cathy est rédactrice web, biographe et auteure.
Toujours à l’affût de bons plans et de nouveautés, elle adore partager ses coups de cœur tout comme ses coups de gueule !
Femme à tendance suractive, elle booste sa vie autant que celle dont elle croise le chemin !
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