Suite à la chute d’un pan du pont des Arts à Paris, la décision a été (enfin) prise d’interdire aux touristes d’y accrocher des « cadenas de l’amour ».

Si on ne peut que se féliciter d’une telle décision, cela amène toutefois à se demander par quelle folie le pan d’un pont, classé monument historique depuis 40 ans, a-t-il pu être ainsi sciemment dégradé, au point de choir ?

Cadenas : des tonnes de métal qui pendent

cadenas

Car, au risque de passer pour une vieille rombière avant l’heure, et n’en déplaise aux amoureux échaudés, il s’agit bien de dégradations volontaires.

Accrocher des objets métalliques (donc lourds) sur la structure d’un monument historique n’est rien d’autre que du vandalisme.

La preuve en a été donnée récemment, sans que personne ne soit blessé, fort heureusement. Certes, n’est pas Newton qui veut, mais on peut aisément se douter que 1 cadenas + 1 cadenas + 1 cadenas, ça a fait beaucoup de cadenas, et très vite 60 tonnes de métal !

Sans compter que le fait d’apposer un objet sur un monument va à l’encontre du respect dû au travail de l’architecte.

Enfin, c’est également contrevenir au fait que cet édifice est classé, donc protégé. Ce n’est ni plus ni moins que notre patrimoine, et surtout celui de nos descendants. Nous nous devons de le préserver.

Si encore les couples séparés depuis enlevaient leur cadenas ! Mais que nenni.

8 ans d’habitude ne font pas une tradition

Alors quelle mouche a piqué les amoureux ? À les entendre, il s’agissait d’une « tradition » incontournable.

Or, d’après mon Larousse, une tradition se définit de la manière suivante :

« Ensemble de légendes, de faits, de doctrines, d’opinions, de coutumes, d’usages, etc., transmis oralement sur un long espace de temps : la tradition veut que cette bataille ait eu lieu ici.

Manière d’agir ou de penser transmise depuis des générations à l’intérieur d’un groupe : cette fête est une tradition régionale. »

Certes, avant d’être centenaire, une tradition doit bien commencer un jour. Mais les premiers cadenas ayant été posés en 2008, pour la tradition, on repassera !

Inventer un moyen de se témoigner publiquement son amour (ou pas)

Mais, si l’attitude des poseurs de cadenas n’est pas satisfaisante, que dire des pouvoirs publics, qui non seulement ont tardé à interdire cette pratique, mais qui n’ont rien proposé en compensation ?

Plantation de graines pour commémorer son amour avec des plantes, bouts de bois ou rubans sur lesquels on inscrit les (pré)noms du couple ? En s’organisant un minimum, nous pourrions trouver un moyen sans danger et non polluant qui permettrait aux amoureux du monde entier de nous laisser une trace (discrète) de leur passage.

Du moins, pour ceux qui souhaitent le clamer à la terre entière, certains amoureux, eux, préférant vivre leur passion avec discrétion.

Pourriez-vous me rappeler qui a dit : « Pour vivre heureux, vivons cachés » ?

Laurence Buffet

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
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Laurence Buffet

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