Depuis 1993, la Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée tous les ans le 3 mai. Comme pour la journée du livre, c’est une initiative de l’UNESCO, inspirée par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Si les célébrations se tiennent du 2 au 4 mai, la journée principale est le 3, comme une suite à la Déclaration de Windhoek signée par des journalistes africains.

Cette journée commémore le fait que, partout dans le monde, la presse et les journalistes subissent des atteintes, que ce soit physiquement ou économiquement.

De Windhoek en 1991 à la Journée de la presse en 1993

En mai 1991, l’ONU et UNESCO organisent à Windhoek, en Namibie, un séminaire de journalistes ayant pour thème le développement d’une presse africaine indépendante. Le 3 mai, une Déclaration proclamant le pluralisme et l’indépendance des médias africains clôture le Séminaire. Deux ans plus tard, l’UNESCO décide que le 3 mai servira à célébrer la liberté de la presse partout dans le monde.

Cette journée a plusieurs vocations. Elle permet de :

  • célébrer la liberté de la presse,
  • dresser l’état des lieux de la liberté de la presse dans le monde,
  • défendre l’indépendance,
  • rendre hommage aux journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions.

Édition 2015

Le thème de la Journée 2015 est : « Laissez le journalisme prospérer ! Vers une meilleure couverture de l’information, l’égalité des sexes et la sécurité des médias à l’ère numérique ».

Et cette exhortation ne sera pas vaine, la presse ayant besoin d’être libre et d’avoir les moyens de nous informer.

Au rythme d’Internet, qui diffuse de l’information en continu, pas toujours qualitative, et des chaînes d’information, auxquelles on peut faire le même reproche, il est temps de remettre les pendules à l’heure et de rappeler ce qu’est le journalisme d’investigation.

Quant à la place des femmes, si elle est croissante dans le monde de la presse, elle n’est pas toujours enviable, bien qu’on soit au XXIe siècle.

Enfin, alors que bon nombre d’États se laissent tenter par la surveillance massive de nos activités sur Internet et par téléphone, comment garantir aux sources des journalistes l’anonymat dont elles doivent jouir ? Sans compter que sur la Toile, les sites informatifs sont une des cibles préférées des hackers et cyber-terroristes. La question ne sera pas facile à résoudre.

La célébration principale de la Journée de la presse se tiendra cette année à Riga, en Lettonie, où sera remis le 3 mai le Prix mondial de la liberté de la presse – Guillermo Cano. Le site de l’UNESCO proposera des retransmissions en direct.

À Paris, Reporters sans frontières organisera un concert gratuit en plein air.

Ces évènements seront l’occasion de rappeler que la situation de la presse et des journalistes est préoccupante partout dans le monde, la France ne faisant pas exception.

La liberté de la presse menacée physiquement (en France et à l’étranger)

Qu’on les ait aimés ou détestés, les membres de l’équipe de Charlie Hebdo, tombés sous les balles folles de terroristes en janvier 2015, ont été visés, car ils symbolisaient la liberté d’informer et la liberté de ton « à la française », qu’on nous envie pourtant.

Par ailleurs, des organismes comme Reporters sans frontières tiennent à jour le nombre de journalistes et net-citoyens tués ou emprisonnés dans le cadre de leur activité. En 2015, 22 journalistes dans le monde ont déjà perdu la vie parce qu’ils faisaient leur travail d’informateurs.

À noter que le lauréat du « Prix mondial de la liberté de la presse – Guillermo Cano », Mazen Darwish, un journaliste syrien, est actuellement en prison.

Mais la lutte n’est pas que physique, elle est aussi économique.

Les atteintes économiques à la liberté de la presse

Faute de moyens et de subventions, de nombreux médias d’information mettent la clef sous la porte.

Je me permets un aparté personnel, car je vis à Marseille, où la survie de la presse est plus que précaire. Alors que les pouvoirs publics gèrent la région avec plus ou moins d’opacité, pas moins de 4 médias informatifs indépendants (deux journaux, un site gratuit, une chaîne télé locale) sont menacés de fermeture les uns après les autres. Le seul média qui arrive à s’en sortir a tendance à préférer les exploits de l’équipe de foot du coin aux sujets d’investigation. C’est rageant.

Mais pas plus que l’arrestation d’un journaliste qui dénonce un scandale financier.

Mise en examen de journalistes

Par ailleurs, nous avons appris une nouvelle qui ne peut que nous pousser à nous interroger sur l’avenir des donneurs d’alerte. En effet, un journaliste français (Édouard Perrin), qui a mis en exergue des faits d’évasion fiscale au Luxembourg, l’affaire « Luxleaks », vient d’être mis en examen au Luxembourg pour vol domestique. Alors qu’il nous informait des mécanismes juridiques permettant aux multinationales de s’affranchir de toute taxe ; alors que les ménages et les PME croulent sous les impôts.

Et là, il n’est question que de pays où est censée régner la démocratie. Les médias informatifs n’ont pas plus la faveur des États autoritaires, où la censure est toujours pratiquée, avec encore moins de ménagements.

Aucun doute, la liberté de la presse et celle d’informer sont toujours menacées. Alors ne manquons pas de les fêter et de propager l’idée que l’information doit circuler.

 

Pour plus d’informations :

Site officiel de la JMLP : http://www.unesco.org/new/fr/unesco/events/prizes-and-celebrations/celebrations/international-days/world-press-freedom-day-2015

Site du Prix mondial de la liberté de presse : http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/freedom-of-expression/press-freedom/unesco-world-press-freedom-prize/

Site de Reporters sans frontières : http://fr.rsf.org/

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
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Laurence Buffet

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