Si notre société se targue de veiller au bien-être de tous, et notamment de ses aînés, tout n’est pourtant pas parfait. Aussi évolué soit-il, l’homme, à de très rares (et louables) exceptions près, n’a toujours pas trouvé le moyen d’accueillir les amis à 4 pattes avec les pensionnaires des maisons de retraite.

Maisons de retraite et animaux de compagnie : un refus de cohabitation honteux

maisons de retraite

À ceux qui vont ricaner en pensant que QuotiBien se lance dans la une rubrique type « chiens écrasés », nous demandons simplement s’ils ont déjà été confrontés au regard désespéré de la personne qui, en plus de perdre son autonomie, sa maison et ses souvenirs, et qui sait qu’elle se rend dans sa dernière demeure, se voit contrainte d’abandonner son animal de compagnie. Parce que non seulement c’est poignant, mais c’est injuste.

Nos aînés (et donc nous plus tard) n’ont-ils pas le droit, après une vie de labeur et de devoir, de vivre avec un 4 pattes s’ils le souhaitent ? Dans un pays où on abandonne encore 100 000 animaux par an, moins de 50% des maisons de retraite acceptent Médor et Félix. Autant dire que c’est la gabegie organisée, cruelle à la fois pour les hommes et leurs congénères.

Comble du cynisme, les animaux dont il est question sont souvent, à l’instar de leurs maîtres, âgés. Ce qui signifie peu de chances d’être adoptés et des risques accrus de développer une pathologie suite au choc de l’abandon.  Notons au passage que la plupart de ces maisons de retraite pratiquent des tarifs exorbitants. Il est donc d’autant plus injuste qu’elles ne soient pas en mesure d’offrir une solution aux propriétaires d’animaux.

Des robots de compagnie à la place de nos animaux domestiques !

Alors, lorsque j’ai découvert que des entreprises allaient commercialiser des « robots de compagnie », sortes de jouets à piles du 4ème âge, pour tenir compagnie aux hôtes des maisons de retraite, j’ai fulminé. D’un côté, on ne fait pas grand-chose pour ne pas séparer maîtres et 4 pattes et, de l’autre, on va suggérer à ces personnes d’acheter (alors qu’on l’a vu, leur séjour coûte déjà très cher) un compagnon de métal, qui n’a aucune sensibilité…  Vu comme ça, je ne me souhaite pas de devenir trop vieille !

Bien sûr, nous ne souhaitons pas alourdir les tâches des personnels déjà présents, mais réfléchir à de nouveaux modèles. Entre le bénévolat, les familles, les pet-sitters, les stagiaires, la réinsertion sociale et professionnelle, les journées ouvertes aux écoles (bénéfiques pour les écoliers comme pour leurs aînés), les heures sup’, les embauches (ça tombe bien, le chômage est au plus fort), il doit être possible de concocter un plan. Demandons aux maisons de retraite qui le font comment elles s’y prennent si besoin.

Bien sûr, la présence d’animaux demande de s’organiser, notamment en termes d’hygiène. Mais d’ores et déjà, certaines associations de protection animalière orchestrent des journées où leurs protégés seniors sont amenés dans des maisons de retraite par les bénévoles, pour le plus grand bonheur des pensionnaires.

Quand on sait que la présence d’animaux stimule les personnes affaiblies, qui se maintiennent en forme pour assurer les soins de leur compagnon, et que l’abandon en revanche peut affecter le moral, voire la santé, du pensionnaire, nous ne devrions même plus nous poser de questions. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?

 

Quelques autres « coups de gueule » à lire :

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
How feel the Lau
Laurence Buffet

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