Ce n’est un secret pour personne, le nombre de personnes sans domicile fixe ne cesse de croître. Si les grandes associations nationales n’ont pas attendu 2018 pour s’emparer de ce problème, elles sont le plus souvent débordées.

C’est pour cette raison que ces dernières années sont nés de nombreux mouvements citoyens, organisés ou non en associations. Ils sont composés de simples citoyens qui ne supportent, sans rien faire, plus de voir un nombre croissant de personnes tentant de survivre dans la rue, alors qu’il est si facile de lancer un appel à l’aide sur les réseaux sociaux.

 

Les associations citoyennes se sont développées avec les réseaux sociaux

Bien souvent ces groupes sont fondés par d’anciens sans-abri, qui ont réussi à s’en sortir et souhaitent tendre la main à leur tour.

Certains de ces groupes, comme Action Froid, 115 du Particulier (à ne pas confondre avec le 115, numéro de téléphone du Samu social), Tends la main, sont des associations, avec des antennes partout là où des bénévoles ont répondu présent. D’autres associations n’existent que sur le plan local.

La plupart du temps, elles se coordonnent avec les associations « officielles » déjà présentes sur le terrain afin d’être plus efficaces.

Les associations citoyennes ont deux particularités :

– elles ne perçoivent aucune aide d’État,

– elles ne fonctionnent qu’à partir des dons financiers et matériels, et avec des bénévoles.

Ce sont pour ces raisons qu’elles ont besoin d’un maximum d’aide de la part du public. Bien sûr, nous sommes en période de crise, les salaires n’augmentent pas, au contraire des factures. Pourtant, chacun, à la mesure de ses ressources, peut apporter de l’aide sans aggraver sa propre situation.

 

Contribuer à l’organisation d’une maraude

Du don de vêtements qui ne servent plus à celui de quelques heures par semaine pour préparer la soupe qui sera redistribuée (comme au moins une de nos lectrices fidèles que nous embrassons), nous vous avons dressé une liste non exhaustive de toutes les choses dont les associations citoyennes ont besoin.

Dons matériels

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Tous les groupes d’aide aux sans-abri recherchent toute l’année, neuf ou d’occasion et en très bon état :

– du linge homme en priorité (blousons chauds l’hiver, caleçons, chaussettes, pantalons, pulls, tee-shirts) ; les vêtements pour femme et enfant sont également bienvenus, mais en quantité moindre,

– des chaussures pour homme, notamment des baskets,

– des écharpes, gants, bonnets, car ce sont les extrémités qui souffrent le plus du froid,

– des couvertures, couettes, oreillers..,

– des bouteilles d’eau bien sûr, l’eau c’est vital,

– du savon et des produits d’hygiène (nous avons TOUS chez nous des échantillons de cosmétiques comme shampoing ou crème qui ne nous servent pas) : dentifrice, mousse à raser, coton-tige, brosse à dents, gel douche (mais pas de gros flacons, quand on n’a qu’un sac à dos, on ne peut pas porter des tonnes de marchandises), mouchoirs et papiers toilette…

– des sacs à dos, sacs de voyage, valises à roulettes, sacs étanches, sacs isothermes,

– des sachets de boissons solubles, soupes en sachets ou briques,

– des biscuits, conserves (à définir avec les bénévoles selon leur logistique),

– des cartes SIM, téléphones mobiles,

– du matériel de camping : tentes, duvets, chaufferettes, tapis de sol…

Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive. Les dons financiers et les titres-restaurant sont aussi bienvenus.

La plupart du temps, ces appels sont relayés sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux, mais des contacts téléphoniques sont aussi possibles avec les bénévoles, chaque groupe s’organisant comme il le peut.

 

Prêt de locaux ou de matériel

Souvent, ces groupes n’ont pas de locaux pour stocker tous les dons, et pas plus de camionnettes pour les transporter, autant dire que là aussi la mise à disposition gracieuse peut leur enlever une grosse épine du pied.

Sans cela, chaque bénévole se débrouille pour stocker les dons chez lui en attendant la maraude suivante.

Cuisinier

La plupart des associations, quand elles ont la logistique, recueillent des dons alimentaires, voire récupèrent les invendus des commerçants. Ils les préparent et distribuent des plats, chauds ou frais selon la saison, à leurs protégés.

Une cuisine et un cuisinier sont donc nécessaires pour transformer ces dons. Soupes, quiches, salades, les bénévoles arrivent à faire avec les moyens du bord de très belles choses. Pour la distribution, les associations ont donc besoin de vaisselle jetable, de contenants isothermes, etc.

 

Participer à une maraude

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Dans les associations citoyennes, les membres se mettent d’accord sur les horaires et le lieu de rendez-vous en fonction de leurs contraintes, ainsi que sur la nature des biens à distribuer (nourriture, vêtements, etc.).

Généralement, le fonctionnement est souple, afin de permettre à chacun de s’organiser au mieux. Certains maraudent le soir, d’autres en journée, en semaine, le week-end, à pied ou en voiture.

D’autres associations, notamment quand elles ont de la nourriture chaude à donner, organisent une distribution à un point fixe.

L’idéal est bien sûr d’arriver à avoir un rythme régulier, mais chacun fait comme il peut, et tous les bras sont bienvenus, même ponctuellement !

Respect, empathie, endurance et bras costauds sont les meilleurs atouts du maraudeur.

Affronter la misère dans laquelle vivent les moins chanceux d’entre nous n’est pas quelque chose d’anodin, il n’est pas rare de craquer nerveusement, surtout quand on réalise que ce soir, nous, nous serons au chaud. C’est normal, on ne s’improvise pas travailleur social. Mais les maraudes sont aussi constellées de moments émouvants. Au fil du temps, des liens arrivent même à se tisser.

Certains sans-abri, quelles que soient leurs raisons, refusent toute aide. On peut insister un peu, mais en douceur. Même si c’est dur à accepter, on ne peut pas toujours aider tout le monde, certaines personnes perdent confiance. Si vous repassez régulièrement, votre assistance finira sûrement par être acceptée au fil des semaines.

 

Un geste en plus de la maraude : l’hébergement citoyen

L’association 115 du Particulier, en écho au 115, le numéro de téléphone du Samu social, trop souvent injoignable, car saturé, offre à des citoyens la possibilité d’ouvrir leur porte à une personne en difficulté. Les critères de l’hébergement sont définis à l’avance.

Là encore, chacun peut se proposer en fonction de ce qu’il a à offrir. De la simple douche à un coin de canapé, d’un prêt de machine à laver à la mise à disposition d’une chambre de bonne, en passant à l’accès Internet et à l’aide aux démarches administratives et à la domiciliation, nombreuses sont les actions qui peuvent aider.

On ne s’en rend pas toujours compte, mais de nombreux petits gestes peuvent aider à maintenir des gens en vie.

Une fois n’est pas coutume, je vais citer un homme politique. Ronald Reagan a dit : « On ne peut pas aider tout le monde. Mais tout le monde peut aider quelqu’un ». Ce qui ne va pas sans rappeler la légende du colibri, chère à Pierre Rabhi.

Quant à vous, lecteurs au grand cœur, quelles sont vos idées pour améliorer le sort des plus démunis ?

 

Liens :

Action Froid : http://www.actionfroid.org/

115 du Particulier : http://www.le-115-du-particulier.fr/

Tends la main – Gamelles pleines : https://www.facebook.com/AidonsLesSdfEtLesPlusDemunislesGamellesDuCoeur

Laurence Buffet

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
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Laurence Buffet

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