Il y a quelques jours, nous publiions le bouleversant témoignage de Lucie, jeune femme victime d’un AVC massif à l’âge de 28 ans. Alors qu’elle n’avait jamais fumé, ni été en surpoids, faisait régulièrement du sport et n’avait jamais eu de problèmes particuliers de santé, cet accident vasculaire cérébral a fait basculer sa vie dans un long cauchemar…

Après de nombreux tests effectués, alors qu’elle en était pourtant intimement convaincue depuis l’apparition de symptômes inquiétants, la pilule contraceptive de 4e génération a été mise sur le banc des accusés et jugée coupable.

La rédaction a cherché à comprendre comment un tel drame avait pu arriver, puis s’est penchée sur cette pilule. Est-elle vraiment à risques ?

Les pilules 3e et 4e générations, des risques graves ?

Apparue en 1956, la pilule est le moyen de contraception le plus utilisé en France. Cette méthode contraceptive hormonale modifie le taux d’hormones et empêche ainsi la libération des ovules par les ovaires.

Il existe deux types de pilule : la pilule oestroprogestative (ou combinée) et la micropilule progestative. Nous nous intéresserons essentiellement à celles dites « combinées » de 3e et 4e générations car, si elles sont censées limiter les effets indésirables des pilules précédentes, ce sont aussi celles qui sont associées à des risques élevés d’accidents thromboemboliques, comme ce fut le cas pour Lucie.

Les laboratoires pharmaceutiques les ont créées pour limiter les effets indésirables, mais toutes les études montrent qu’aucune amélioration réelle n’existe. Vendues pourtant au double, voire au triple du prix d’une pilule 2e génération, elles n’ont pas amélioré le « confort' » des femmes. En 2007, la Haute Autorité de Santé (HAS) a déclaré : « Les contraceptifs de 3ème génération n’apportent pas d’amélioration par rapport aux contraceptifs de 2ème génération ».

  • Les Contraceptifs Oraux Combinés dits de 3e génération ont été mis sur le marché en 1984. Ce sont les pilules qui contiennent comme progestatif du désogestrel, du gestodène ou du norgestimate.
  • Les autres COC dits de 4e génération sont apparus en 2001. Ce sont des pilules qui contiennent comme progestatif de la drospirénone, de la chlormadinone, du diénogest ou du nomégestrol.

Les dernières études estiment que les risques d’accidents thromboemboliques (embolies pulmonaires, AVC, etc.) sont d’environ 1 femme sur 950 qui prend une pilule de 3ème, 4ème génération, dont  Diane 35, la plus sujette aux polémiques. Pour la pilule 2e génération, le risque est de 1 femme sur 1700 femmes et, sans pilule, de 1 femme sur 5000. Ce chiffre s’adresse uniquement aux femmes n’ayant aucune mutation de l’hypercoagulabilité (sachant que 10% de la population en est porteuse), ni aucun facteur de risque (tabac, surpoids, plus de 35 ans, diabète, cholestérol, antécédents familiaux ou médicaux..). Quelle que soit la contraception hormonale, elle est absolument contre-indiquée en cas de mutation de l’hypercoagulabilité.

L’Association des Victimes d’Embolie Pulmonaire et AVC, l’AVEP, estime à 1500-2000 le nombre de décès par an liés à la pilule. Les chiffres de l’État en sont loin, car le lien entre embolies pulmonaires/AVC/pilule n’est pas toujours fait par les médecins et aucun chiffre, aucune étude ne recense les AVC dans ce cadre-là.

Quelles recommandations suivre ?

pilules 3ème et 4ème génération

Après avoir fait les frais de la non-information sur les pilules hormonales, Lucie nous a confié quelques recommandations qu’elle estime essentielles :

  • Vous restez le meilleur soignant pour vous-même, alors soyez toujours à votre écoute.
  • Ne considérez pas les médecins comme tout-puissants ayant une « connaissance absolue ». Remettez leurs choix en question si vous l’estimez nécessaire, demandez parfois un second avis.
  • Demandez impérativement un dépistage de thrombophilie quelle que soit la contraception hormonale choisie. Pour info, le test de base des mutations, remboursé à hauteur de 60%, coûte pour l’assurée entre 30 et 55 euros. Pour le test ciblant d’autres anomalies, il n’y a pas de remboursement et il coûte environ 60 euros.
  • Renseignez-vous sur les autres modes de contraception non hormonale (stérilet en cuivre par exemple).
  • Gardez en tête que la pilule reste un médicament à part entière, avec ses contre-indications, effets secondaires et effets « indésirables », les femmes l’oublient parfois comme les soignants, une piqûre de rappel s’impose donc.

Enfin, restez extrêmement vigilante lors de la 1ère année de prise d’une pilule, lors d’un changement de celle-ci ou lors de la reprise après un arrêt d’au moins 3 mois. Les accidents thromboemboliques apparaissent majoritairement durant cette période, même si après, le risque ne sera jamais nul.

Un témoignage bouleversant, Lucie : « Ma pilule m’a provoqué un AVC. »

Cathy Delcros

Cathy est rédactrice web, biographe et auteure.
Toujours à l’affût de bons plans et de nouveautés, elle adore partager ses coups de cœur tout comme ses coups de gueule !
Femme à tendance suractive, elle booste sa vie autant que celle dont elle croise le chemin !
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Cathy Delcros

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