Alors que j’étais titulaire d’un DESS en droit notarial, et après plusieurs années d’activité, je me suis retrouvée au chômage. C’est là que l’idée s’est insinuée, saugrenue pour certains, de reprendre mes études pour me reconvertir dans des conditions optimales.

Ayant travaillé dans des associations sportives, il m’est naturellement venu à l’esprit d’enrichir mon cursus d’un Master 2 professionnel en droit du sport.

Inconscience ? Défi? Peine perdue ? Opportunité ?

C’est à ces questions (et à bien d’autres !) qu’il a fallu que je réponde pour prendre une décision, LA décision (rationnelle ?).

Pour décider de reprendre ses études, il faut s’écouter

Bien que je n’en sois pas une adepte pour peser le pour et le contre, il a fallu que je rédige des listes.

Une liste « pour » : c’est décidé, je me lance, je retourne à la fac pour mettre toutes les chances de mon côté et retrouver un job !

Une liste « contre » : dans la vie, il y a un temps pour tout, j’ai passé l’âge, je suis trop vieille…

Même à l’appui de ces listes, la décision n’a pas été facile à prendre. Il a fallu réfléchir, mais pas trop non plus. Il m’a fallu prendre des avis, écouter les conseils, mais pas trop non plus afin de ne pas oublier ce que je souhaitais.

Je devais assurer Mes arrières mais ne pas avoir peur de l’inconnu. Pour moi, la clef a été de comprendre qu’il fallait que je m’écoute. Si j’arrivais à débarrasser ma réflexion de toutes les peurs ankylosantes, je pourrais me faire confiance.

Envolées les peurs de s’éloigner de mes proches, de changer mes habitudes, de perdre mes repères, de modifier mon confort, alors place à la seconde chance.

Plusieurs points ont été décisifs : le soutien de mon Amoureux, des proches attentionnés, la conscience que de nos jours quasiment personne n’exerce qu’un seul et unique métier pendant toute sa vie professionnelle, et… un grain de folie.

Vous l’avez compris, si j’écris ces lignes, c’est que j’y suis allée, j’ai signé, j’ai fait ma rentrée le 1er octobre 2012.

L’année universitaire ne fut pas de tout repos. Comme je le dis souvent : « Retourner à l’école à cet âge-là, ça pique ! »

Lors de la première minute du premier cours de M2, je me suis demandée pourquoi je m’aimais si peu pour m’infliger cette épreuve.

Ensuite, la curiosité intellectuelle et l’intérêt grandissant pour la matière m’ont convaincue que j’avais eu raison de sauter le pas.

Concilier vie domestique et vie estudiantine

reprendre ses études

Je me suis vite remise aux devoirs à la maison et aux révisions, tâches que la vie active m’avait bien vite fait oublier, mais qui sont le passage obligé pour une reconversion réussie !

Même avec un conjoint aimant et conciliant, il n’a pas été aisé de concilier ces exigences universitaires chronophages avec une vie de couple et les impératifs domestiques.

De plus, en retournant étudier j’ai remis en questions mes connaissances et mon expérience, j’ai remis les compteurs à zéro et acquis de nouveaux savoirs (eh oui, ce n’est pas parce qu’on a vécu qu’on sait tout).

 

Avoir l’âge du prof et non celui des copains de classe

Avoir environ 15 ans de plus que ses copains de classe et presque le même âge que les profs a engendré des situations cocasses.

Un exemple : en cours, un prof qui se targuait d’avoir connu le monde sans Internet nous a dit: « Ce n’est pas votre cas car, vous, vous êtes jeunes « ! Et moi de sentir quelques doigts et paires d’yeux pointés comme pour signaler que j’avais aussi cet âge canonique qui m’a permis de connaître le temps du Minitel, pire, celui des télégrammes !

Oui, j’étais l’une des deux exceptions plus que trentenaires de la classe composée en grande majorité d’étudiants en formation initiale.

Je ne regrette pas du tout ce choix.  Cette année d’études m’a beaucoup apporté : une nouvelle jeunesse, de la confiance en moi et du travail.

J’ai acquis la conviction que tant qu’on est en vie, rien n’est jamais perdu pour peu que l’on se remue.

Un stage et deux emplois se sont succédés depuis l’obtention (avec mention !) de mon diplôme et ont permis de mettre fin à ce qui s’appelle dans le jargon politiquement correct « le chômage de longue durée » et la « fin de droits ».

Si c’était à refaire, je le referais car selon Oscar Wide : « Vivre est la chose la plus rare. La plupart des gens se contentent d’exister » et : « Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais ».

Et d’après Marguerite Yournenar : « Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin » !

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
How feel the Lau
Laurence Buffet

Commenter cet article sur Facebook !

commentaires

Pin It on Pinterest