Reprendre du poil de la bête en septembre.

Alors qu’août n’en finit pas de se désagréger, voici qu’arrivent septembre et le moment de reprendre le cours normal de nos existences. Nous abandonnons nos lieux de villégiature préférés, nos plages, nos lacs, nos rivières, au profit des villes, de l’école, du bureau…

Certes, c’est de saison, mais il nous faut toujours un temps de réadaptation à la vie normale. Pour se réhabituer à se réveiller tôt, à anticiper les devoirs, à faire les courses et autres corvées, à subir les embouteillages et autres transports en commun surpeuplés, à courir après le cahier 150 pages carreaux Séyès dont Loulou n’utilisera que 50 pages, et qui n’est disponible que dans deux papeteries, les deux loin de chez nous bien entendu…

Sans compter les inscriptions aux activités des enfants et au sport des parents, car il faut la forme conserver, tout en nous demandant comment nous allons tout régler puisque le 3ème tiers de l’impôt sur le revenu se rappelle à notre bon souvenir. Nul doute possible, le tourbillon de septembre est là.

Pourtant, après les évènements tragiques du mois d’août un peu partout dans le monde, on peut légitimement se demander à quoi bon reprendre. Incendiaires, terroristes, comment, avec toutes les connaissances dont nous disposons, parvenons-nous à générer de pareils monstres et n’arrivons-nous pas à les gérer ?

Notre société doit s’interroger sur ces failles béantes où s’engouffrent haine et violence. Sans parler des déséquilibrés mentaux, dont la prise en charge est quasi-inexistante, alors que notre pays se prétend riche et civilisé. Non seulement c’est indigne pour ces malades laissés pour compte, mais dangereux pour le reste de la population, qui se retrouve avec de réelles grenades dégoupillées en son sein. À se demander où passe l’argent de ce fameux troisième tiers.

Et, si ce n’était pas suffisant, le rabotage du Code du travail peut nous faire redouter une casse sociale qui aggravera encore les scissions entre les personnes. Si le CDI s’assouplit au point de ressembler à un CDD, comment allons-nous nous loger ? Les banques accepteront-elles de prêter des dizaines de milliers d’euros à des ménages pas certains de travailler ? Les bailleurs consentiront-ils des baux à des locataires qui n’ont aucune idée de leurs ressources à venir ? Si les cotisations salariales baissent, comment va être financée la protection sociale qui est pourtant déjà sérieusement rabotée ? À cela s’ajoute l’auto-entrepreneuriat, système dans lequel les collègues de travail d’hier deviennent des concurrents. Autant de sujets d’inquiétude et de dissensions.

Alors, encore une fois, puisqu’il faut reprendre à la fois nos activités et du poil de la bête, reprenons tout en main. Écrivons à nos élus, locaux et nationaux, saisissons les députés, mobilisons-nous. Le propre de l’humain, c’est d’avancer. Alors, tant bien que mal, avançons, ensemble si possible.

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
How feel the Lau
Laurence Buffet

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