Je me suis rendue compte que j’étais locavore au début des années 2010, quand ce mouvement a commencé à faire parler de lui. Pour tout avouer, j’ignorais qu’un mot spécifique existait pour parler des gens « comme moi ».

Aujourd’hui, on peut me qualifier ainsi, pourtant je n’y suis pas venue par effet de mode ; je ne suis pas devenue locavore, je crois que je l’ai toujours un peu été.

Pourquoi consommer local ?

Tout simplement, il me semble plus logique et plus convivial d’acheter mes produits chez de petits producteurs plutôt que dans une grande surface impersonnelle.

J’ai aussi le désir de « mieux » dépenser mon argent, en privilégiant les petites structures sans actionnaires par exemple.

Enfin, nos ancêtres ne consommaient que des produits qui venaient des alentours, c’est donc naturellement que je privilégie, dans la mesure du possible, ce qui est produit dans les 150 km à la ronde.

Cela permet à la fois de réduire mon impact sur l’environnement (transport, suremballage, etc.) et de soutenir l’économie locale.

Être locavore, c’est un peu une philosophie, celle de ne pas consommer de fraises en hiver, mais c’est aussi accepter de ne pas avoir de fraises pile le 1er juillet, car parfois les fruits ou légumes sont en retard ou en avance ; ça nous apprend à vivre en fonction de la nature.

J’ai donc commencé par regarder les produits que j’achetais et par me demander d’où ils venaient.

Devenir locavore à son rythme, en fonction de ses besoins

locavore

J’ai renoncé à certains produits (bananes, café, mangues, etc.) car ils traversent la Terre entière pour venir jusqu’à nous.

En cas d’exception, je pense équitable et bio, afin de ne pas « nourrir » un actionnaire de fonds de pension en Floride mais plutôt ceux qui ont besoin, au sens propre, de se nourrir.

Mon régime alimentaire étant au plus proche de la pyramide méditerranéenne (ou régime crétois), les fruits, légumes, céréales et féculents y occupent la plus grande place.

Restent la viande et les produits laitiers, le grand sujet ! Si on regarde de plus près ma fameuse pyramide, il n’y en a pas beaucoup, voire très peu.

De nombreuses études prouvent qu’il n’est pas bon pour la santé de manger trop de viandes et de produits laitiers (et je ne parle même pas de la souffrance des animaux).

Alors la grande question est : « Ça veut dire quoi, moins » ? Je la pose car je ne sais pas toujours. Ça veut surtout dire, pour débuter, moins que ce qu’on consomme actuellement !

On ne change pas sa façon de s’alimenter comme ça du jour au lendemain, chacun doit le faire à son rythme, en douceur.

Des produits frais locaux grâce aux petits producteurs

En général, je me procure mes produits frais soit directement chez les producteurs locaux, soit en prenant un panier AMAP (pour rappel : Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Je privilégie le bio.

locavore

Au passage j’ai dit bio, et non pas stérile. Mes parents (78 ans) me demandent à quoi ça sert de manger bio alors qu’il y a de la pollution partout. S’ils confondent bio et stérile, ils ont cependant raison : rien n’est totalement bio, mais bio ça veut juste dire « produire en se passant du maximum de cochonneries chimiques ajoutées pour faire pousser, mûrir, conserver les fruits et légumes », c’est tout !

Même dans Marseille intra-muros, on trouve des fermes, des poules, des vaches, des producteurs de fromage, une safraneraie… Les produits sont vendus en vrac, ce qui permet de n’acheter que la juste quantité, chose pas toujours possible en grande surface.

Je privilégie également les restaurants proposant des produits locaux.

Je teste tous les artisans dont je recommande les produits, et la région en regorge !

Chercher de bonnes adresses prenant du temps, j’essaie de partager le plus d’informations possibles sur une page Facebook, non pour convaincre, mais pour partager mon expérience et des tutoriels. Tout est proposé, mais c’est aux lecteurs de disposer !

Après les fruits, les légumes, la viande et les produits laitiers, il y a tout le reste ! Et bien j’essaie de minimiser mes achats, sans pour autant être extrémiste.

Limiter sa conso et l’hypermarché au profit du DIY et des produits durables

locavore

Je fabrique les produits comme la lessive, le dentifrice, le désodorisant d’intérieur, la peinture à la farine, grâce à des recettes simples, efficaces (trois ans de test au quotidien !) et, il faut bien l’avouer, économiques. Bicarbonate, vinaigre, argile, huiles essentielles, etc., sont toujours dans mes placards.

Pour les vêtements et les chaussures, avant de me précipiter dans les magasins et de payer le prix fort, je fais un petit tour dans les vide-greniers, sur les sites de vente d’occasion, ou chez les petits artisans.

Je fais tout ce que je peux pour éviter les supermarchés, à qui je préfère la quincaillerie, l’herboristerie, voire les usines pour le savon de Marseille.

Dans le même état d’esprit, j’ai tendance à préférer les produits durables aux produits jetables : coton à la place des lingettes, cure-oreilles à la place des cotons-tiges, brosse à dents en bois…

Toutefois, ayant une ado à la maison, il m’arrive, de temps à autres, d’acheter des articles venant de loin (cartable, ordinateur, etc.). Il n’est pas question de la marginaliser.

Le locavorisme ne coûte pas si cher et n’isole pas

J’ai fait un choix : entre passer deux heures au supermarché, stressée au milieu de la foule, et une heure chez le producteur du coin (avec les enfants ou sans), c’est tout vu. Et, pour les enfants, c’est toujours sympa d’aller voir les vaches, les chèvres ou les brebis !

Concernant l’argent, j’achète bio le plus possible, et donc ça coûte un peu plus cher. Mais, n’étant pas une victime de la mode et de la pub, ça me permet d’équilibrer mon budget et de mieux manger.

En allant moins souvent en grande surface, je n’achète que ce dont j’ai besoin. Je prends uniquement des produits de saison. Et en achetant juste en vrac, j’évite le gaspillage.

Enfin, ma famille consomme peu de viandes, de poissons et de produits laitiers, qui sont les aliments les plus coûteux.

Et pour en finir avec les idées reçues, je suis locavore chez moi, mais je ne m’isole pas du reste de la société ! Lorsque je suis invitée chez des amis, je mange avec plaisir ce qu’ils ont à m’offrir sans me préoccuper de la provenance, la convivialité passera toujours en premier.

Un conseil pour des prétendants locavores ? Ne faites que ce que vous avez envie de faire, et à votre rythme, selon vos propres envies et contraintes. C’est un état d’esprit, pas un dogme !
Valérie, Locavore Marseille

Le sujet vous intéresse ? Découvrez  notre article sur Sébastien Bizet. Il réalise des paniers pour une AMAP.

Nous remercions vivement Valérie pour les photos qu’elle nous a si gentiment transmises afin d’illustrer ce témoignage.

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
How feel the Lau
Laurence Buffet

Commenter cet article sur Facebook !

commentaires

Pin It on Pinterest