Alors que le frisquet avril nous a semblé traîner en longueur, le joli mois de mai pointe enfin son nez. Comme chaque année, dès le 1er, nous célébrons les travailleurs et le travail. Toutefois, cette année, cela peut nous sembler paradoxal, puisque c’est au cours de ce même mois de mai que nous aurons à départager les deux lauréats du premier tour de la présidentielle, dont les programmes semblent être taillés sur mesure pour le patronat, et non pour la plèbe dont nous faisons partie.

C’est le grand écart entre isolationnisme extrême et peur de l’autre d’un côté, et libéralisme débridé et « uberisation » à tout-va de l’autre. Si Quotibien.fr n’a toujours pas vocation à parler politique, nous ne pouvions pas passer cette situation ubuesque sous silence.

Pour autant, la vie continue. Alors nous allons croquer mai à pleines dents. Ne serait-ce sur le plan musical, où de nombreuses et belles opportunités vont s’offrir à nous : festival Elektricity à Reims, Nuits sonores lyonnaises pour les férus d’électro, Europa Jazz dans la Sarthe (idéal pour les jeunes retraités) et Jazz sous les pommiers dans le bocage normand pour les fans de jazz.

Si les programmes électoraux en lice n’accordent pas une grande place à la culture, nous avons la chance d’avoir (pour le moment) un monde associatif qui œuvre sans relâche à nous transmettre sa passion des arts et de la culture. C’est notre patrimoine. Alors cette année encore plus que les autres, profitons de la Nuit européenne des musées, car comment savoir où aller quand on ignore d’où l’on vient ?

L’écologie et la préservation de l’environnement n’étant pas non plus des priorités dans les programmes des lauréats, il va nous falloir retrousser nos manches et sensibiliser nous-mêmes nos proches au sort de notre pauvre vieille planète malmenée.

Les ponts de mai peuvent être l’occasion de rejoindre les bénévoles d’associations, comme Surfrider Fundation, qui organisent partout en France des opérations de nettoyage citoyen des plages et des bords de rivières. Et pourquoi ne pas organiser sa propre balade/récolte de déchets ? Car qui de mieux que nous pour nous servir ? Personne. Alors, filons participer aux Journées des orchidées dans le Périgord !

Les échanges de balles de Rolland Garros alterneront avec les joutes verbales des deux camps lauréats en attendant le second tour. Puis, ceux qui n’auront pas été lassés par la Commedia dell’arte qu’a été la campagne, applaudiront les acteurs du Festival de Cannes.

Enfin, les mamans, en recevant leurs colifichets le jour de leur fête, ne manqueront pas d’avoir une pensée pour tous les enfants de par le monde qui ne fêteront rien, pour cause de bombardements, famines, épidémies… Des mots dont nous ne pensions pas qu’ils suivraient encore l’humanité au XXIème siècle… Décidément, il y a « quelque chose de pourri au royaume du Danemark ».

Pour conclure, nous n’oublierons pas que mai est synonyme de révolution depuis 1968 en France. Mais, comme l’avait si finement souligné l’illustrateur Cabu : « Mai 68. On disait non à la consommation et c’est devenu dix fois pire ». De quoi nous faire immanquablement sentir au pays d’Ubu.

Alors, si quand nous votons nous ne nous sentons pas toujours écoutés, une chose est sûre, quand nous choisissons de dépenser notre argent auprès d’un artisan au lieu d’une chaîne qui défiscalise ses profits au détriment de ses salariés, nous dessinons les contours du monde que nous voulons. Pour demain, pour nos enfants, puis leurs enfants. Ne nous laissons pas submerger par l’absurde et laissons le Père Ubu là où il est, dans une fiction.

Laurence Buffet

Laurence est rédactrice et éditorialiste.
Surnommée « Huggie les bons tuyaux », elle touche à tout et ne paie jamais rien plein pot !
Bavarde et râleuse, ses Éditos mensuels ne mâcheront pas leurs mots !
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Laurence Buffet

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