Une poignée de chiffres suffit à briser l’illusion de sécurité : près de 7 millions de personnes meurent chaque année à cause d’infections qui auraient pu être évitées ou traitées quelques décennies plus tôt. Certaines bactéries résistent désormais aux traitements de référence, rendant inefficaces des médicaments longtemps considérés comme infaillibles. L’Organisation mondiale de la santé classe l’antibiorésistance parmi les dix principales menaces pour la santé mondiale.Des infections auparavant banales peuvent aujourd’hui entraîner des complications sévères, voire mortelles, en particulier dans les hôpitaux. Les experts alertent sur la multiplication des superbactéries et pointent des maladies graves qui touchent aussi bien les pays pauvres que les pays riches.
Pourquoi certaines infections deviennent-elles si dangereuses aujourd’hui ?
La mortalité liée aux infections graves frappe à l’échelle mondiale, mais l’intensité varie selon les régions. En France et en Europe, les maladies transmissibles continuent d’emporter chaque année plusieurs milliers de vies, notamment chez les personnes âgées, immunodéprimées ou fragiles. Même les systèmes de santé les plus organisés restent parfois impuissants : chaque année, le nombre des morts causées par des infections bactériennes ou virales se maintient à un niveau alarmant.
Dans les pays à faible revenu, la situation est plus dramatique encore. L’accès limité aux soins, aux traitements et à la vaccination laisse la porte ouverte à la progression de syndromes respiratoires aigus et de fièvres hémorragiques telles qu’Ebola ou Marburg, dont le taux de létalité peut grimper au-dessus des 50 %. Manque d’hôpitaux, absence d’alerte épidémiologique, circulation rapide des germes pathogènes : trop souvent, ce sont les enfants et les personnes âgées qui paient l’addition la plus lourde.
L’apparition de plus en plus fréquente de bactéries résistantes complique tout. Certaines infections contractées lors d’un séjour hospitalier deviennent impossibles à enrayer. Des maladies autrefois cantonnées à des zones spécifiques gagnent désormais du terrain, multipliant les victimes sur tous les continents, à l’heure où les déplacements et le climat accélèrent la dissémination des agents infectieux.
Devant cette expansion, les approches préventives et curatives doivent évoluer sans cesse. Les écarts persistent entre Nord et Sud, mais la menace pèse désormais partout. Repérer les causes, comprendre la transmission, c’est aujourd’hui la condition sine qua non pour freiner cette vague de mortalité provoquée par les infections.
L’antibiorésistance : comprendre un enjeu de santé mondiale
Chaque année, des centaines de milliers de décès sont attribués à l’antibiorésistance. Désormais, la menace vise aussi bien les infections du quotidien que les formes sévères : certains traitements ne fonctionnent plus face à des bactéries devenues insensibles à la plupart des antibiotiques.
Des instituts de recherche et des organismes de santé publient régulièrement des chiffres édifiants. La résistance bactérienne s’impose comme l’une des premières causes de mortalité mondiale évitable. Certaines familles de germes que l’on traitait facilement il y a vingt ans ne répondent plus aux antibiotiques habituels. Pneumonies, septicémies, infections urinaires ou abdominales dérapent parfois de façon fulgurante, y compris au sein d’établissements réputés pour la qualité de leurs soins.
L’usage trop large ou inadapté des antibiotiques, chez l’humain comme chez l’animal, nourrit cette montée des résistances. Nos façons de consommer, voyager ou produire favorisent la circulation de ces bactéries résistantes partout dans le monde.
Le constat s’impose : sans rupture thérapeutique ni changement radical, on s’approche d’une époque où les maladies infectieuses pourraient de nouveau grimper sur le podium des causes de décès à l’échelle de la planète, balayant les décennies d’avancées médicales.
Superbactéries et infections graves : qui sont les principaux coupables ?
Dans les hôpitaux, certaines infections graves générées par des bactéries résistantes suscitent la plus vive inquiétude. En France, chaque année, près de 4000 personnes perdent la vie à cause d’une infection nosocomiale. Parmi les coupables les plus notoires pour le personnel soignant : le Staphylocoque doré réfractaire à la méticilline, Escherichia coli producteur de bêta-lactamases à spectre étendu, et Klebsiella pneumoniae multirésistante.
Il faut ajouter à ce trio Pseudomonas aeruginosa et Enterococcus faecium, redoutables pour leur capacité à s’installer sur le matériel médical et à proliférer dès que l’immunité d’un patient fléchit. En dehors des murs hospitaliers, la montée de la gonorrhée résistante et de Clostridium difficile complique la prise en charge des malades.
Les virus jouent eux aussi un rôle non négligeable. Le COVID-19, ainsi que les fièvres hémorragiques telles qu’Ebola ou Marburg, continuent de peser dans la balance de la mortalité mondiale, notamment là où les ressources font défaut. La tuberculose multirésistante, quant à elle, tue plus d’un million de personnes chaque année. Les statistiques le démontrent : la part des bactéries résistantes poursuit son ascension, ce qui rend la prise en charge des infections graves toujours plus ardue, obligeant les soignants à adapter stratégies et protocoles sans relâche.
Prévenir la propagation : gestes essentiels et bonnes pratiques à adopter
Éviter les infections graves exige de combiner plusieurs mesures qui ont fait leurs preuves. Tout commence par l’hygiène des mains : ce geste, mis en lumière par Ignaz Semmelweis dès le XIXe siècle, reste imbattable pour limiter les maladies transmissibles. Le lavage au savon ou les solutions hydro-alcooliques avant et après chaque contact abaissent considérablement les risques, que ce soit à l’hôpital comme à la maison.
Pour construire une prévention solide, voici les pratiques à ancrer dans le quotidien des soignants et du grand public :
- Hygiène des mains systématique
- Désinfection rigoureuse du matériel médical
- Port de gants, masques et blouses selon les situations
- Formation continue du personnel soignant et sensibilisation des patients
- Respect strict des protocoles de nettoyage
Former, informer, c’est limiter la casse. Dès qu’un cas suspect se présente, l’isolement rapide et les précautions standards font barrage à la contagion. En France, les organismes de santé publique martèlent leur message : la prévention permet de sauver des vies et d’éviter bien des infections nosocomiales.
L’enjeu ne s’arrête pas là. Utiliser les antibiotiques avec discernement s’impose : prescription juste, durée appropriée, abandon de l’automédication. Ce sont ces réflexes, adoptés collectivement, qui couperont l’herbe sous le pied aux bactéries résistantes.
Alors que les menaces évoluent et les agents pathogènes gagnent en force, c’est une vigilance de tous les instants qui peut faire la différence. La bataille contre les infections graves ne se gagnera ni seul ni en un jour, mais tout commence par une question : qui fera le premier pas pour inverser la tendance ?


