Une surinfection de la peau est une infection bactérienne qui s’installe sur une lésion déjà présente : plaie, eczéma, piqûre grattée, varicelle ou brûlure. Elle se reconnaît à une rougeur qui s’étend, à une douleur qui augmente, à du pus ou à des croûtes jaunâtres, et elle se soigne d’abord par des soins locaux, puis par des antibiotiques quand elle progresse.
Surinfection de la peau : de quoi parle-t-on ?
La peau saine forme une barrière que les bactéries franchissent difficilement. Dès qu’une plaie, une fissure ou une zone de grattage l’abîme, des germes présents à la surface y trouvent une porte d’entrée. L’infection est alors dite secondaire, parce qu’elle vient se greffer sur un problème de peau qui existait avant elle.
Le terme médical est l’impétiginisation : une infection qui se développe sur une lésion existante. Les deux bactéries les plus souvent en cause sont le staphylocoque doré et le streptocoque. En France, le staphylocoque doré est responsable d’environ 90 % des cas d’impétigo, selon la Société française de dermatologie.
Ces germes ne sont pas tous du même type. Certains infectent la surface de la peau, d’autres des couches plus profondes, ce qui explique les écarts de gravité. Pour un panorama de ces atteintes, l’article sur les différents types d’infections cutanées détaille chaque famille.
Les lésions qui se surinfectent le plus souvent
Toute peau abîmée peut s’infecter, mais certaines lésions sont des portes d’entrée fréquentes. La Société française de dermatologie cite les plaques d’eczéma, les piqûres d’insectes, les piqûres de parasites (poux, gale, aoûtats), l’herpès, la varicelle, ainsi que les plaies et brûlures, même petites.
Le grattage joue un rôle central : il ouvre la peau et transporte les bactéries des ongles vers la lésion. Une démangeaison tenace qui ne cède pas mérite donc d’être traitée pour elle-même, comme le montre le cas des démangeaisons persistantes de la main.
Les mycoses qui fissurent la peau, entre les orteils par exemple, ouvrent la même brèche. L’infection fongique de la peau doit être soignée en parallèle, sinon la surinfection bactérienne revient.
Le terrain compte aussi. Le diabète et un système immunitaire affaibli rendent les infections cutanées plus fréquentes et plus difficiles à contenir.
Reconnaître une peau surinfectée
Une lésion qui cicatrise normalement reste rouge sur son pourtour immédiat, puis pâlit de jour en jour. Une peau surinfectée évolue dans le sens inverse : la rougeur s’étend, la zone devient chaude et gonflée, la douleur augmente au lieu de diminuer.
Le signe le plus parlant est l’écoulement. Du pus, un suintement collant ou des croûtes de couleur miel, caractéristiques de l’impétigo, indiquent une infection bactérienne. Les premières lésions de l’impétigo sont de petites vésicules qui se rompent facilement et laissent des érosions suintantes.
L’aspect varie selon la forme. L’impétigo croûteux se concentre souvent autour du nez et de la bouche, alors que l’impétigo bulleux, fréquent chez le nourrisson, produit de grandes bulles molles et transparentes sur une peau rouge. Dans les deux cas, une lésion qui s’aggrave au lieu de guérir doit alerter.
Les signes qui imposent de consulter sans attendre
Certains signes montrent que l’infection ne reste plus en surface. Il faut consulter rapidement devant l’un de ceux que cite la Société française de dermatologie :
- une fièvre, quelle que soit son intensité ;
- une extension rapide des lésions ou un nombre important de lésions ;
- des traînées rouges sur la peau, qui signalent une lymphangite, parfois avec des ganglions douloureux ;
- un terrain fragile : diabète, immunodépression, âge extrême, enfant de moins de 6 ans pour l’impétigo.
Une rougeur chaude et gonflée, souvent sur une jambe et accompagnée d’une forte fièvre, évoque un érysipèle, qui se traite par antibiotiques. Les formes les plus rares sont aussi les plus graves : une peau rouge qui s’étend vite, une douleur sans rapport avec ce que l’on voit, une coloration violacée ou noirâtre imposent une prise en charge urgente à l’hôpital. Le dossier sur les infections les plus dangereuses en donne le détail.
Comment se soigne une surinfection de la peau
Pour une atteinte limitée, le traitement repose sur des gestes simples. La toilette se fait une à deux fois par jour avec de l’eau et du savon, suivie d’un rinçage soigneux et d’un séchage complet de la peau. Le médecin peut prescrire une crème antibiotique, à base d’acide fusidique ou de mupirocine, appliquée pendant 5 jours.
Pour l’impétigo, la Société française de dermatologie déconseille les pansements fermés : l’humidité favorise l’infection. Un antibiotique ne s’utilise que sur prescription, y compris la crème, car le choix dépend de la bactérie et du terrain.
Quand l’infection s’étend, s’accompagne de fièvre ou touche une personne fragile, le médecin prescrit un antibiotique par voie orale. Ce traitement ne dépasse pas 7 jours en général. La maladie de peau d’origine (eczéma, gale, poux, varicelle) se traite en même temps, faute de quoi la surinfection récidive.
Le traitement local ne remplace pas la consultation. Une plaie qui ne s’améliore pas en quelques jours après les soins justifie un avis médical.
Éviter qu’une lésion ne s’infecte
La prévention tient surtout à l’hygiène et à la rapidité des soins. Une plaie ou une piqûre se nettoie dès qu’elle apparaît, avec de l’eau et du savon. Les mains se lavent souvent et les ongles restent courts et propres, pour limiter ce que le grattage transporte vers la peau.
Le linge et les serviettes de toilette se changent chaque jour tant qu’une lésion suinte. Une maladie de peau chronique comme l’eczéma demande un traitement de fond régulier, parce qu’une peau fissurée s’infecte plus facilement.
Chez les personnes diabétiques, l’examen quotidien des pieds et des plaies permet de repérer tôt une rougeur qui s’étend. Une infection prise au début se soigne généralement avec des soins locaux seuls.

